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"Il y avait dans la voix et dans le ton d'Oriane je ne sais quoi d'âpre et de violent qui annonçait plutôt une détermination ferme qu'une émotion profonde ou touchante. Depuis quelque temps elle s'irritait d'avance lorsqu'elle me demandait quelque chose, comme si je le lui avais déjà refusé. Elle disposait de mes actions, mais elle savait que mon jugement les démentait. Elle aurait voulu pénétrer dans le sanctuaire intime de ma pensée pour y briser une opposition sourde qui la révoltait contre moi. Je lui parlai de ma situation, du vœu de mon père, de mon propre désir; je priai, je m'emportai. Oriane fut inébranlable. Je voulus réveiller sa générosité, comme si l'amour n'était pas de tous les sentiments le plus égoïste, et, par conséquent, lorsqu'il est blessé, le moins généreux. Je tâchais par un effort bizarre de l'attendrir sur le malheur que j'éprouvais en restant près d'elle; je ne parvins qu'à l'exaspérer. Je lui promis d'aller la voir en Pologne; mais elle ne vit dans mes promesses, sans épanchement et sans abandon, que l'impatience de la quitter."
Interrogation d’Oriane (feutre vert) : je me demande depuis le début (écrire un roman implique de vivre dans le monde que l’on veut créer et occupe toutes les pensées de l’écrivain) si je ne devrais pas donner parfois la parole aux personnages. Je verrais très bien mon mari, le Général, se poser ce genre de questions à mon propos, il suffirait d’enlever «du vœu de mon père» et remplacer eb Pologne par "dans le Lubéron".
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